Comment peindre un paysage d’automne : les étapes pour un résultat naturel

Vous avez préparé de magnifiques jaunes dorés, des oranges, des rouges profonds et quelques verts… Il ne reste plus qu’à les poser sur la toile !

 

Et c’est parfois là que les difficultés commencent.

 

Car pour peindre un paysage d’automne, avoir les bonnes couleurs ne suffit pas. Si vous essayez de reproduire chaque arbre, chaque branche et chaque feuille avec sa couleur, votre paysage risque rapidement de devenir chargé et un peu artificiel.

 

Le secret est plutôt de simplifier ce que vous observez.

 

Dans cet article, je vous propose donc de voir comment passer de votre palette automnale à un véritable paysage, en travaillant les grandes masses, les valeurs, la profondeur et seulement ensuite les détails.

 

> Si vous ne l'avez pas encore lu, retrouvez l'article 6 mélanges faciles à réaliser pour peindre les couleurs de l'automne

 

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1. Avant de peindre un paysage d’automne, simplifiez ce que vous voyez

Une forêt en automne contient une quantité impressionnante d’informations.

 

Des centaines d’arbres, des milliers de branches et probablement quelques millions de feuilles… Inutile de les compter !

 

Si vous essayez de tout reproduire, vous allez surtout vous compliquer la tâche.

 

Avant de commencer à peindre, regardez plutôt votre sujet comme un ensemble de grandes formes.

 

Où se trouve la masse principale des arbres ? Où sont les zones les plus claires ? Les plus foncées ? Où souhaitez-vous attirer le regard ?

 

Essayez même de plisser légèrement les yeux devant votre photo. Les petits détails disparaissent et les grandes masses deviennent beaucoup plus faciles à distinguer.

 

C’est cette version simplifiée du paysage que vous allez commencer par peindre.

 

 

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2. Commencez par les grandes masses, pas par les feuilles

Voilà une erreur très fréquente lorsqu’on débute : vouloir peindre immédiatement les feuilles.

 

On prend un petit pinceau et on commence à déposer des dizaines de petites touches jaunes, rouges et oranges.

 

Le problème, c’est que l’arbre risque alors de ressembler à une accumulation de petits points sans véritable volume.

 

Commencez plutôt avec un pinceau suffisamment gros et construisez la silhouette générale de vos arbres.

 

À ce stade, oubliez complètement les feuilles.

 

Pensez simplement :

  • aux formes ;

  • aux zones d’ombre ;

  • aux zones éclairées ;

  • aux grandes familles de couleurs.

 

Vous pourrez ensuite revenir progressivement avec des pinceaux plus petits.

 

C’est exactement comme lorsque vous construisez une maison : vous commencez par les murs, pas par les poignées de porte !

 

3. Évitez de mettre du jaune, du rouge et de l’orange partout

L’automne est spectaculaire parce que ses couleurs sont intenses. Mais sur une toile, cette intensité peut rapidement devenir excessive.

 

Imaginez un tableau dans lequel tous les arbres sont jaune vif, orange vif ou rouge vif.

 

Votre œil ne saurait plus vraiment où regarder.

 

Pour éviter cela, conservez des couleurs plus discrètes autour de vos teintes les plus lumineuses : des bruns, des verts neutralisés, des gris colorés ou des oranges plus sourds.


 

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Neutralisation de l'orange

Gardez vos couleurs les plus vives pour quelques endroits

Une couleur intense attire naturellement le regard.

 

Vous pouvez donc décider de réserver votre jaune le plus lumineux ou votre orange le plus éclatant à quelques zones importantes de votre composition.

 

Ailleurs, neutralisez davantage vos mélanges.

 

Par exemple, si votre orange est trop vif, ajoutez une toute petite pointe de bleu. S’il s’agit d’un vert trop intense, une pointe de rouge permettra de le rendre plus naturel.

 

Ainsi, vos couleurs éclatantes auront beaucoup plus d’impact.


 

4. Travaillez les valeurs pour donner du volume aux arbres

La couleur attire tellement notre attention en automne qu’on en oublie parfois quelque chose d’encore plus important : les valeurs.

 

Une valeur correspond simplement au degré de clarté ou d’obscurité d’une couleur.

 

Un arbre orange n’est donc pas constitué d’un seul orange.

 

Vous pouvez avoir un orange sombre dans les parties ombragées, un orange moyen sur la majorité du feuillage et un jaune-orangé beaucoup plus clair dans les zones touchées par la lumière.

 

Pensez en trois grandes valeurs

Pour débuter simplement, vous pouvez construire un feuillage avec :

  • une valeur sombre pour créer la profondeur ;

  • une valeur moyenne pour représenter la masse principale ;

  • une valeur claire pour les parties éclairées.

 

Commencez par les zones les plus sombres et ajoutez progressivement les valeurs plus claires.

 

Votre feuillage prendra ainsi du volume sans avoir besoin de peindre des centaines de feuilles.

 

 

5. Conservez des verts dans votre paysage d’automne

Quand on pense à l’automne, on oublie parfois le vert.

 

Pourtant, regardez attentivement la nature : tous les arbres ne changent pas de couleur en même temps. Les conifères restent verts et vous trouverez également des herbes, des buissons et différents végétaux encore verdoyants.

 

Ces verts sont particulièrement intéressants à côté des rouges et des oranges.

 

Mais évitez, là encore, un vert trop vif directement sorti du tube.

 

Préparez plutôt des verts légèrement neutralisés, parfois jaunâtres, kaki ou même brun-vert.

 

Ces teintes plus discrètes permettent de calmer certaines parties du tableau et de mettre en valeur les couleurs chaudes de l’automne.

 

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6. Créez de la profondeur entre le premier plan et l’arrière-plan

Tous les arbres d’un paysage ne doivent pas être peints de la même manière.

 

Plus un élément s’éloigne, moins nous distinguons ses détails et ses contrastes.

 

Vous pouvez utiliser ce principe pour donner de la profondeur à votre paysage.

 

Au premier plan, les contrastes peuvent être plus marqués, les couleurs plus présentes et certaines touches de pinceau plus précises.

 

À mesure que vous vous éloignez, réduisez les détails et adoucissez les contrastes.

 

Les couleurs de l’arrière-plan peuvent également devenir légèrement plus froides et plus neutres.

 

Vous créez ainsi plusieurs plans et évitez l’impression d’une rangée d’arbres tous placés à la même distance.

 

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7. Ajoutez les détails seulement à la fin

Votre paysage est maintenant construit.

 

C’est seulement à ce moment-là que vous pouvez sortir vos pinceaux plus fins.

 

Ajoutez quelques branches, des petites touches de lumière, quelques feuilles bien placées ou des irrégularités dans les contours des arbres.

 

Mais attention à ne pas repartir dans le piège du détail !

 

Vous n’avez pas besoin de peindre chaque feuille pour que le spectateur comprenne qu’il regarde un arbre.

 

Quelques touches bien placées suffisent souvent à suggérer tout le reste.

 

Faites régulièrement quelques pas en arrière pour regarder votre tableau. Si votre feuillage fonctionne à distance, inutile d’ajouter des centaines de petites touches supplémentaires.

 

 

Les bons réflexes pour peindre l’automne

Pour peindre un paysage d’automne naturel, retenez surtout que les mélanges de couleurs ne représentent qu’une partie du travail.

 

Commencez par simplifier votre sujet et construire les grandes masses avant de vous intéresser aux détails.

 

Évitez également de mettre toutes vos couleurs les plus vives partout. Un jaune éclatant sera beaucoup plus lumineux s’il est entouré de teintes plus calmes.

 

Pensez aussi aux valeurs : un feuillage a besoin de zones sombres, moyennes et claires pour donner une impression de volume.

 

Enfin, conservez quelques verts, neutralisez certaines couleurs et différenciez clairement le premier plan de l’arrière-plan.

 

Les erreurs fréquentes à éviter

Voici celles que je rencontre le plus souvent :

  • peindre les feuilles une par une dès le début ;

  • utiliser uniquement des jaunes, rouges et oranges très saturés ;

  • peindre tout un arbre avec une seule couleur ;

  • supprimer complètement les verts ;

  • mettre autant de détails dans l’arrière-plan qu’au premier plan ;

  • éclaircir ou foncer toutes les zones de la même manière ;

  • continuer à ajouter des détails alors que le paysage fonctionne déjà.

 

Gardez une idée simple en tête : suggérer est souvent plus efficace que tout représenter.

 

Aller plus loin : faites un petit paysage d’automne en 30 minutes

Pour mettre tout cela en pratique, je vous propose un exercice.

 

Choisissez une photo de paysage d’automne relativement simple et donnez-vous seulement 30 minutes pour la peindre.

 

Cette limite de temps va vous obliger à oublier les petits détails.

 

Pendant les premières minutes, placez uniquement les grandes masses : ciel, sol, arbres et éventuel plan d’eau.

 

Ajoutez ensuite vos principales zones d’ombre et de lumière.

 

Puis travaillez vos jaunes, oranges, rouges, bruns et verts en cherchant surtout à créer des variations.

 

Gardez les dix dernières minutes pour quelques détails bien choisis.

 

Lorsque vous aurez terminé, posez votre peinture à quelques mètres de vous.

 

Vous découvrirez peut-être quelque chose d’assez surprenant : même sans avoir peint toutes les feuilles, votre cerveau les voit !

 

C’est justement l’un des plaisirs de la peinture. Vous n’avez pas besoin de tout montrer. Vous donnez suffisamment d’informations au spectateur pour qu’il reconstruise lui-même une partie de la scène.

 

Alors, pour votre prochain paysage d’automne, résistez à l’envie de sortir immédiatement votre plus petit pinceau.

 

Commencez grand, simplifiez, observez les valeurs… et laissez les feuilles pour la fin.

 

À vos pinceaux !